Prévenir les risques liés à l’exposition au soleil en montagne toute l’année

Prévenir les risques liés à l’exposition au soleil en montagne toute l’année

En montagne, le soleil peut brûler la peau et fatiguer les yeux bien plus vite qu'on ne l'imagine, même lorsque l'air est froid, couvert ou venteux. Altitude, réverbération de la neige, longues sorties à ski, en randonnée, à vélo ou en terrasse : la protection doit devenir un réflexe à chaque saison.

Prévenir les risques liés à l'exposition au soleil en montagne tout au long de l'année repose sur des gestes simples : connaître l'intensité des UV, couvrir les zones vulnérables, utiliser une protection solaire adaptée et ne pas se fier à la sensation de chaleur. [ Voir ici aussi ]

Pourquoi le soleil est plus agressif en altitude ?

À mesure que l'on gagne de l'altitude, l'atmosphère filtre moins les rayons ultraviolets. Les UV augmentent d'environ 10 % par tranche de 1 000 mètres de dénivelé. Une journée claire à haute altitude peut donc exposer davantage qu'une sortie en bord de mer, même si le thermomètre reste proche de zéro.

Le froid est trompeur : il anesthésie la sensation de chaleur et masque la montée progressive du coup de soleil. On peut rentrer d'une randonnée hivernale avec le nez rouge, les oreilles douloureuses et les lèvres gercées sans avoir eu l'impression de « prendre le soleil ».

En montagne, la peau ne juge pas le risque à la température : elle reçoit les UV, qu'il fasse froid, chaud ou que le ciel paraisse voilé.

Les nuages ne constituent pas une barrière fiable. Une part des UV les traverse, raison pour laquelle une protection reste nécessaire par temps lumineux mais couvert. Les UVA, impliqués dans le vieillissement cutané et certains dommages à long terme, sont présents toute l'année.

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Neige, eau et roche : la réverbération multiplie l'exposition

La lumière ne vient pas uniquement du ciel. Elle rebondit sur les surfaces autour de vous et atteint le visage, le menton, le cou ou le dessous des yeux. La neige propre peut réfléchir jusqu'à 80 % des UV, contre environ 25 % pour l'écume de mer, 15 % pour le sable et 10 % pour les pelouses ou les sols.

Cette réverbération explique les coups de soleil surprenants chez les skieurs, les pratiquants de raquettes et les personnes en altitude lors d'une pause déjeuner. Elle augmente aussi le risque d'éblouissement, surtout dans les zones découvertes ou sur un glacier.

Surface rencontrée Réflexion des UV Conséquence pratique
Neige propre Jusqu'à 80 % Protection du visage et lunettes couvrantes indispensables
Écume de mer Environ 25 % Les UV atteignent aussi les zones ombragées du visage
Sable Environ 15 % Attention aux lèvres, au nez et au contour des yeux
Herbe et sols Environ 10 % Protection utile lors des randonnées et activités estivales

Les zones du corps à protéger en priorité

Le visage est exposé en permanence, mais certaines zones sont régulièrement oubliées. Les oreilles dépassent d'un bonnet ou d'un casque, la nuque se découvre quand on retire une capuche, et le cuir chevelu peut brûler chez les personnes aux cheveux clairsemés ou très courts.

Visage et cou

Appliquez une protection à large spectre sur le front, le nez, les joues, le menton et la nuque. Insistez sur les ailes du nez et les pommettes.

Yeux et contour oculaire

Des lunettes couvrantes filtrant les UV limitent l'éblouissement et protègent une zone particulièrement fine et sensible.

Lèvres

Vent, froid, sécheresse et rayonnement se cumulent. Un baume avec SPF 50 est particulièrement utile lors des sorties longues.

Mains et oreilles

Les gants et le bonnet protègent à la fois du froid et des rayons. Ces zones méritent une attention particulière pendant les pauses.

Un coup de soleil du cuir chevelu existe bel et bien. Lors d'une randonnée estivale, d'une sortie VTT ou d'une journée de ski de printemps, une casquette, un chapeau à bord large ou un couvre-chef compatible avec le casque peut éviter une brûlure douloureuse.

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Choisir et appliquer correctement la protection solaire

Une crème solaire utile en montagne doit offrir une protection large spectre contre les UVA et UVB, avec un indice élevé, généralement SPF 30 à 50 selon l'intensité d'exposition et la sensibilité de la peau. Pour les enfants, les peaux très claires, les antécédents de coups de soleil ou les longues journées en terrain découvert, un SPF 50 est un choix prudent.

La quantité compte autant que l'indice. Une couche trop fine réduit fortement la protection réelle. Appliquez le produit avant de sortir, sur peau sèche, puis renouvelez l'application environ toutes les deux heures et après une transpiration importante, un frottement répété du masque ou des lunettes, ou une activité dans l'eau.

Les protections dites « résistantes à l'eau » ne sont pas invulnérables. La transpiration, le séchage avec une serviette, le col d'une veste et les frottements du matériel finissent par les retirer. En altitude, la régularité est plus fiable qu'une application généreuse faite une seule fois le matin.

Adapter sa protection aux sports de montagne

Chaque activité expose différemment. Le ski alpin concentre souvent les UV sur le bas du visage et les yeux, tandis que le ski de fond, les raquettes ou la randonnée laissent davantage de peau à l'air libre. En VTT, la vitesse renforce la sensation de fraîcheur et fait oublier l'exposition prolongée des bras, des mollets et de la nuque.

Ski, snowboard et sorties sur neige

Le casque ne remplace pas un bonnet ou une protection du cuir chevelu si des zones restent découvertes. Portez des lunettes ou un masque de qualité, avec une protection UV adaptée aux conditions lumineuses. Sur les remontées mécaniques, l'exposition est continue : c'est un bon moment pour remettre du baume sur les lèvres et vérifier que le tour de cou protège bien le bas du visage.

Randonnée, trail et alpinisme

En marche, la durée d'exposition est souvent le facteur principal. Privilégiez des vêtements légers mais couvrants, un chapeau ou une casquette protégeant la nuque, et des lunettes enveloppantes. La montée au soleil puis le pique-nique face à un panorama lumineux peuvent représenter plusieurs heures sans véritable abri.

VTT et activités estivales

Un maillot manches courtes, un casque ajouré et des gants courts exposent rapidement les épaules, avant-bras, cuisses et dos des mains. La crème doit être appliquée avant d'enfiler l'équipement, y compris sous les bretelles du sac. Une pause à l'ombre ne dispense pas d'une nouvelle application si la sortie se prolonge.

Promenades et terrasses d'altitude

Le risque ne concerne pas seulement les sportifs. Lire, déjeuner dehors ou accompagner des enfants sur une piste de luge peut suffire à provoquer une brûlure. Une terrasse abritée du vent n'est pas forcément protégée des UV réfléchis par la neige ou les façades claires.

Les erreurs les plus fréquentes

La première erreur consiste à attendre de sentir la chaleur. En montagne, cette sensation est peu fiable. Une autre consiste à réserver la crème solaire aux journées de grand ciel bleu, alors que les UV restent présents sous une couverture nuageuse claire.

  • Oublier les oreilles, les lèvres, le cou et le dessus des mains.
  • Ne mettre de la crème qu'une fois, avant le départ.
  • Considérer le bronzage comme une protection suffisante.
  • Retirer bonnet, lunettes ou tour de cou pendant la pause de midi.
  • Penser qu'un casque ou une visière remplace des lunettes filtrant les UV.
  • Négliger la protection des enfants, dont la peau est particulièrement sensible.

Le bronzage n'annule pas les effets des rayons. Il traduit une réaction de défense de la peau, pas une permission de s'exposer davantage. Les expositions excessives et répétées participent au vieillissement prématuré de la peau et augmentent le risque de cancers cutanés, notamment les carcinomes et les mélanomes.

Gérer les situations à risque et reconnaître les signaux d'alerte

Un coup de soleil se manifeste souvent par une peau rouge, chaude, sensible ou douloureuse. Des cloques, des frissons, une fatigue inhabituelle, des nausées ou des maux de tête justifient d'arrêter l'exposition, de se mettre à l'ombre, de s'hydrater et de demander un avis médical si les symptômes sont marqués, étendus ou concernent un enfant.

Surveillez aussi votre peau au fil du temps. Un grain de beauté qui change d'aspect, une lésion qui saigne, une croûte persistante ou une plaie qui ne cicatrise pas mérite un avis dermatologique. Le dépistage est particulièrement pertinent pour les personnes très exposées au soleil dans le cadre de leurs loisirs ou de leur activité professionnelle.

Préparer un sac de montagne qui protège aussi du soleil

La prévention devient simple quand le matériel est prêt avant le départ. L'idée n'est pas de surcharger le sac, mais de garder à portée de main ce qui sera réellement utilisé pendant la journée.

  1. Consultez l'indice UV et la météo avant de partir, en gardant en tête que l'altitude et la neige augmentent l'exposition.
  2. Appliquez la protection solaire sur les zones découvertes avant de quitter l'hébergement ou le parking.
  3. Emportez lunettes couvrantes, couvre-chef, baume SPF 50 et crème solaire dans une poche facile d'accès.
  4. Programmez mentalement une réapplication à la première pause longue, puis au cours de l'activité.
  5. À la fin de la sortie, observez les zones rouges ou sensibles et évitez toute nouvelle exposition si la peau a chauffé.

La meilleure protection est celle que vous pouvez remettre sans interrompre toute votre journée. Un équipement visible, léger et adapté à votre activité transforme cette précaution en habitude, qu'il s'agisse d'une descente à ski, d'une randonnée familiale ou d'un itinéraire VTT en plein soleil.

Questions fréquentes

Faut-il mettre de la crème solaire en montagne quand il fait froid ?

Oui. Le froid réduit la sensation de chaleur mais ne bloque pas les UV. En altitude, leur intensité augmente et la neige peut en réfléchir une grande partie vers le visage.

Quel indice solaire choisir pour une journée de ski ou de randonnée ?

Une protection large spectre SPF 30 à 50 convient aux activités de montagne. Un SPF 50 est recommandé pour les enfants, les peaux très claires, les longues expositions et les terrains très réfléchissants comme la neige.

À quelle fréquence remettre de la crème solaire en altitude ?

Renouvelez l'application environ toutes les deux heures, et plus tôt après une forte transpiration, un frottement du matériel ou un séchage. Une application unique le matin ne couvre pas une journée entière dehors.

Les lunettes de soleil sont-elles nécessaires quand le ciel est couvert ?

Oui. Les UV peuvent traverser les nuages et l'éblouissement reste possible, surtout sur la neige. Des lunettes couvrantes avec un filtre UV protègent les yeux et le contour oculaire.

Pourquoi les lèvres souffrent-elles autant en montagne ?

Les lèvres sont exposées au soleil, au vent et à l'air sec. Elles se dessèchent rapidement et peuvent brûler. Un baume à lèvres avec SPF 50 aide à les protéger pendant l'activité.

Quels signes doivent faire consulter après une forte exposition au soleil ?

Des cloques étendues, une douleur importante, des frissons, des nausées, une baisse de vision ou une douleur oculaire justifient un avis médical. Un grain de beauté qui change ou une lésion persistante doit aussi être montré à un dermatologue.

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Publié le dans la catégorie Sports 4 Saisons à la Montagne

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